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Friday, August 31, 2007

Enquête : Comment le «clan espagnol» du Polisario tente de protéger ses intérêts financiers

après l’engagement du processus de ManhassetLa chute des subventions accordées par les mairies espagnoles à la représentation polisarienne à Madrid sème la panique chez le clan dirigé par Mohamed Abdelaziz, Brahim Ghali et Mohamed Lamine Bouhali.Comme chaque année, depuis plus de trente ans, les associations de soutien au Polisario s’activant sur le territoire espagnol ont organisé des voyages au profit de certains enfants sahraouis des camps de Tindouf. Mais, cette année, l’opération a un intérêt qui va au-delà de la simple propagande. La manne financière que constituent les subventions et les aides humanitaires accordées par les gouvernements autonomes et les mairies espagnoles à la délégation du Polisario à Madrid est en chute libre depuis trois ans. Une sorte de stimulation de la fibre humanitaire de l’opinion publique espagnole était donc nécessaire. Des spécialistes des affaires polisariennes en Espagne estiment cette chute à plus de 70%. Les subventions financières accordées directement ou indirectement à la soi-disant cause sahraouie par les gouvernements autonomes avoisinaient les 7 millions d’euros. Sans oublier les aides en nature et qui sont détournées vers les marchés des pays voisins comme la Mauritanie et le Mali. Le total des sommes accordées au Polisario par les mairies seulement s’estime à quelque 16 millions d’euros par an. «En 2007, à trois mois de la fin d’année, ces subventions n’ont pas encore atteint 2 millions d’euros», indique une source informée. La plus grande somme accordée au Polisario en 2007 s’élève à 154.745 euros. C’est la mairie d’Alcorcon (région de Madrid) qui a accordé ce montant aux responsables du Polisario en Espagne notamment pour construire un siège administratif dans les camps de Tindouf. Un siège qui ne verra certainement pas le jour à l’instar de plusieurs centaines de faux projets qui ont servi de prétexte pour détourner des fonds qui alimentent les comptes des dirigeants du Polisario en Espagne, en France et même au Mali. Parmi les projets qui ont convaincu les membres du conseil communal de cette petite localité d’allouer ce budget au Polisario, la partie réservée à l’amélioration des conditions de vie des enfants des camps de la honte. Ainsi, Alcorcon a destiné 70.250 euros à la construction d’infrastructures au profit des enfants de Tindouf.Mais, la petite mairie d’Alcorcon est une exception. Depuis près de trois ans, les choses ont commencé à changer et la propagande polisarienne ne fait plus le même effet. «Depuis que la proposition faite par le Maroc d’accorder une autonomie à la région du Sahara dans les médias, et depuis que l’opinion publique intéressée a commencé à découvrir l’existence de Sahraouis unionistes qui pensent d’une manière différente de celle du Polisario, les choses ont changé», explique un analyste espagnol avant d’ajouter : «le début du processus de Manhasset a tué l’élément de base de la propagande sahraouie puisqu’il a montré qu’il existe une possibilité de mettre fin à la souffrance de la population de Tindouf». Mais, les observateurs s’accordent à dire que s’il existe une frange de la direction du Polisario et des responsables algériens qui feront tout pour bloquer ou, au moins, retarder l’aboutissement du processus de Manhasset, ce sont les membres du «circuit de Las Palmas » dont les intérêts financiers seront menacés en cas de solution du conflit. «Si Brahim Ghali, le représentant du Polisario à Madrid, a rejoint la délégation des négociateurs polisariens lors du deuxième round de Manhasset, c’est bien pour veiller à faire prévaloir les intérêts de ce clan du Polisario», explique un spécialiste des affaires polisariennes. Un clan dont le principal membre est Mohamed Abdelaziz lui-même mais qui est aussi composé de membres influents comme Mohamed Lamine Bouhali. Si le clan de l’Espagne essaye par tous les moyens de tenir bon face à la volonté à peine voilée de la majorité de la direction du Polisario d’avancer sur la voie de l’autonomie, c’est qu’il veut s’assurer que ses « intérêts » seront sauvegardés. «Ils savent qu’ils n’ont pas d’avenir politique dans le cadre d’une vie démocratique au sein de l’autonomie. La concrétisation de cette dernière signifie leur mise à la retraite. Ils veulent donc s’assurer, au préalable, qu’ils seront compensés d’une manière ou d’une autre», indique un universitaire sahraoui.
Des enfants exploités à des fins politiques Alors qu’ils s’apprêtaient à prendre l’avion de Barajas à Madrid pour rentrer dans les camps de Tindouf après avoir passé des vacances en Espagne, 250 enfants sahraouis ont été surpris de découvrir que l’avion affrété par les Algériens pour les rapatrier avait une capacité de 100 sièges seulement. «Il s’agit d’une erreur», ont expliqué les organisateurs. Ce qui n’est pas vrai. Selon un journaliste espagnol, tout a été planifié pour provoquer une réaction des médias. La preuve : le lendemain, tous les journaux affichaient les photos des enfants «bloqués à l’aéroport de Madrid». Les organisateurs en profitent pour annoncer une nouvelle date de départ : le mercredi 29 août. Ainsi, ils étaient sûrs d’avoir une multitude de reporters. C’est ce qui s’est passé. Le même jour, à savoir le mercredi, une manifestation est organisée devant le consulat du Maroc à Las Palmas. Des enfants ont été conduits devant la représentation du Royaume afin de répéter des slogans anti-marocains qu’on leur avait appris la veille. Une exploitation politique de mineurs qui est pourtant interdite par toutes les chartes internationales de défense des droits de l’enfant.
Le 31-8-2007Par : Omar DAHBI -Aujourdhui le Maroc

L’économie algérienne est «malade»

D’après le journal algérien «Liberté», l’économie algérienne serait «malade». Ainsi, pendant une conférence de presse à Alger, Abdelaziz Belkhadem a sondé la croissance économique en Algérie pour signaler que malgré une aisance financière, un bon chiffre d’exportation et une inflation maitrisée, la croissance ne suivrait pas le rythme. «La croissance à l’algérienne malheureusement n’accroit pas le bonheur du citoyen algérien». C’est que la croissance actuelle provient essentiellement de l’addition de ressources. L’analyse soutient qu’il y a de très grandes insuffisances structurelles dans l’économie de l’Algérie. Les hydrocarbures jouent un rôle de voile qui cache son incontestable vulnérabilité et l’amélioration des recettes d’exportation ont un effet pervers: le report répété des indispensables réformes dont a besoin notre économie, alors même que c’est dans le contexte financier actuel que ces réformes ont toutes les chances de réussir.

Liberté 31/08/2007

Thursday, August 30, 2007

Algérie : La maladie mystérieuse due à un virus

Les analyses sur «la maladie mystérieuse» qui a affecté des dizaines de personnes dans la wilaya de Sid Beli Abbès et mis en émoi les autorités sanitaires, ont finalement permis d'identifier l'agent viral responsable. Il s'agit, selon la direction algérienne de la santé et de la population d'un virus à ARN positif (virus à multiplication par les acides ribonucléiques nommé l'hantavirus ou Hantaan). Plusieurs laboratoires, sollicités pour la recherche de l'agent pathogène qui a causé une grande panique chez les populations de la région, n'ont pas été en mesure d'effectuer un diagnostic fiable, des semaines après la déclaration de la maladie.
Aujourd'hui le Maroc, 30/08/2007

Tuesday, August 28, 2007

Charte des droits du peuple Kabyle et de la Kabylie.

1. Le peuple kabyle a droit à sa reconnaissance officielle par l’Etat algérien.
2 - La Kabylie a droit à des frontières administratives reconnues conformes à sa réalité sociolinguistique allant d’Ouest en Est de Tizi-Nat-Aïcha à Ziama Mansouriah au Nord et Djaafra au Sud. Elle juge inadmissible le rattachement de ses territoires à des entités limitrophes où des centaines de milliers de Kabyles sont minorisés et isolés du reste des leurs (Jijel, Sétif, Bordj-Bou-Arreridj, Boumerdes). Les grands centres urbains litigieux, le cas échéant, seront départagés par un référendum (Sétif, Bordj-Bou-Arreridj et Boumerdes).
2-1- La Kabylie autonome a le droit de défendre les droits moraux et matériels de tous les kabyles sur le territoire national.
3 - La Kabylie a le droit à un statut de large autonomie qui lui donne les pleins pouvoirs dans TOUS les domaines à l’exception de la défense nationale, de l’émission de la monnaie et, dans une moindre mesure, des affaires étrangères.
3-1- La Kabylie a droit à ses propres institutions bancaires.
4 - La Kabylie a droit à une République Régionale Kabyle Autonome, démocratique, Sociale et Laïque.
5 - La Kabylie a droit à ses propres institutions dont son parlement et son gouvernement.
6 - La Kabylie a droit à ce que sa langue officielle soit le kabyle.
7 - La Kabylie a droit à son drapeau et à ses armoiries.
8 - La Kabylie a le droit à son propre système éducatif qui dispense un enseignement prioritairement dans sa langue, loin des extrémismes, de l’intégrisme, du racisme ou de la ségrégation entre les sexes ; une école attachée à la science et à l’ouverture sur le monde, la technologie et au respect des valeurs fondamentales de l’humanité.
9 - La Kabylie a droit à sa sécurité civile (police, gardes forestiers, pompiers, surveillance de ses ports, aéroports, sites économiques sensibles).
10 - La Kabylie a droit à son propre système médiatique (télévisions, radios, presse, communications et autres moyens connus ou à venir)
11 – La Kabylie a droit à assurer sa propre gestion de son propre développement durable, de son foncier, de son aménagement urbain, de ses transports et de sa fiscalité locale.
12 - La Kabylie a droit à sa quote-part des richesses naturelles nationales dont le pétrole et le gaz au prorata du nombre d’habitants qui y vivent par rapport à l’ensemble de l’Algérie.
13 - Le peuple kabyle ouvre droit à la qualité de nation dans l’ensemble algérien.
14 - La Kabylie a le droit de soustraire ses femmes et ses filles à l’infâmant code de la famille et de consacrer une réelle égalité des droits entre les femmes et les hommes.
15 - Le peuple kabyle a le droit de se battre politiquement pour faire aboutir la présente charte.
Mouvement pour l’Autonomie de Kabylie
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http://www.kabyle.com

Monday, August 27, 2007

Algérie: Etat de santé du président, ce silence qui alimente la rumeur

La rumeur, encore une fois, revient avec insistance sur l’état de santé du président Bouteflika. L’annulation de sa visite de travail annoncée dans les wilayas de Tlemcen et de Sidi Bel Abbès et son effacement de la scène médiatique au cours de ces deux dernières semaines intriguent plus d’un, attisent les spéculations.
Sa dernière apparition remonte au 6 août dernier, quand il a accueilli son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad, en visite de travail de deux jours en Algérie. Ce jour-là, comme lors de sa tournée à l’ouest du pays (Mostaganem et Oran) du 28 au 31 juillet, le président Bouteflika paraissait exténué, lui qui avait l’habitude de faire le tour d’Algérie en peu de temps. A Oran, des journalistes avaient relevé le fait que le chef de l’Etat marquait de longues pauses inhabituelles. D’ailleurs, au retour d’une de ses pauses, le Président avait un pansement sur sa main droite, signe selon lequel il aurait été mis sous perfusion. Et depuis, ses sorties ont été réduites au strict minimum et son agenda de travail s’est terminé au niveau de la visite du président iranien. Ayant habitué les Algériens à être omniprésents et sur tous les fronts, le chef de l’Etat a brillé, cette fois-ci, par son absence à tous les niveaux. Cela au moment où le front social bouillonne, la rentrée scolaire s’annonce difficile et les élections locales approchent sans que le corps électoral ne soit convoqué. Aucune sortie, en effet, n’a été enregistrée à l’occasion du 51e anniversaire du congrès de la Soummam, fêté le 20 août dernier. Et aucune visite n’est prévue pour le début du mois de septembre, comme l’affirme si bien la présidence de la République qui semble être résolue à ne rien communiquer ni sur la santé du Président ni sur ses vacances et son agenda de travail. Sur le site internet de la Présidence, aucune activité du Président n’est annoncée. Contactée par nos soins, la direction de la communication dit ne rien savoir sur où se trouve actuellement le chef de l’Etat ni sur ses activités. Etonnante réponse ! Surtout lorsque tous les Algériens savent, par exemple, où le président français passe ses vacances, avec qui et pour combien de jours. Ils connaissent également son agenda de travail pour le prochain mois. Mais ils ne savent pas où est passé leur Président. Le silence des gouvernants alimente de plus en plus la rumeur. Pourtant, à sa sortie de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris le 17 décembre 2005, le président Bouteflika avait déclaré à la télévision algérienne, en compagnie de son médecin traitant, le professeur Messaoud Zitouni, qu’« on ne peut pas être responsable de la oumma et cacher des choses à son peuple ». Ne cache-t-on donc rien à la nation algérienne ? Si la maladie du chef de l’Etat est un secret de Polichinelle, son évolution reste un véritable secret d’Etat. La question est bien légitime : le président Bouteflika est-il en vacances ou en convalescence ? Son état de santé s’est-il amélioré ou s’est-il dégradé ? Face à ces interrogations, qui sont celles de milliers voire de millions d’Algériens, les institutions, la présidence de la République en premier lieu, ont le devoir de réagir et de parler de la maladie du Président avec « clarté et franchise », comme l’a souligné maître Ali Yahia Abdenour dans un entretien paru dans El Watan du 23 août dernier. Le peuple a le droit de savoir.
M. A. O. EL WATAN 27/08/2007

Sunday, August 26, 2007

Face à la recrudescence de la rébellion touareg Mamadou Tandja proclame l’état d’urgence dans le nord du Niger

L’insurrection de rebelles touareg menaçant de reprendre, le président du Niger a proclamé l'état d'urgence, pour une période de trois mois, dans la région d'Agadez, au sud de l’Algérie, accordant aux forces de sécurité des pouvoirs supplémentaires pour éradiquer le mouvement.
Depuis février, des combats sporadiques ont refait surface dans cette vaste région au sud de l’Algérie où le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice) a établi ses quartiers. Les heurts avec le pouvoir ont fait au moins 45 morts dans les rangs des unités de l’armée nigérienne. Cette dernière a démenti ces chiffres, disant qu'elle avait tué sept combattants rebelles et qu'elle ne déplorait qu'un mort et sept blessés dans ses rangs. Le MNJ se présente comme le représentant d’intérêts de communautés touareg. Ce que lui conteste les autorités de Niamey qui, ne le reconnaissant pas, le qualifient de “ramassis de bandits et de trafiquants de drogue”. Le décret présidentiel accorde aux forces de sécurité des pouvoirs supplémentaires pour arrêter et détenir des suspects au-delà des 48 heures habituelles et il limite les déplacements des civils sur les principales routes reliant les villes de cette région d’Agadez où, selon le ministre des Communications, Mohamed Ben Omar, l'insécurité a provoqué l'exode des populations vers d'autres régions. En outre, les intempéries sont venues grossir le mouvement de fuite, des pluies torrentielles tombées sur plusieurs régions du pays ont laissé, selon des sources officielles, des milliers de sinistrées et occasionné d'importants dégâts, notamment, au nord d'Agadez, dans la zone touareg d'Iferouane, qui souffrait déjà de problèmes d'approvisionnement en vivres à cause de la rébellion. Une calamité qui en a rajouté à l'insécurité qui menace la ville d'Agadez du fait de la recrudescence de la rébellion touareg. Le Niger a, par ailleurs, examiné, la semaine dernière avec le Mali, une stratégie de lutte contre l'insécurité à leur frontière commune. Au cours de la rencontre, qui a eu lieu à Gao, au nord du Mali, entre le ministre malien de la Sécurité et de la Protection civile, le général de brigade Sadio Gassama, et le ministre d'État nigérien de la Sécurité publique et de la Décentralisation, Albade Abouba, il a été décidé d'instituer un droit de poursuite réciproque et des patrouilles réciproques mixtes, pour lutter contre l'insécurité transfrontalière. Le Mali a connu, de son côté, fin mai 2006, des attaques de rebelles touareg, qui ont visé des casernes du nord. À Gao, il a été, par ailleurs, question de la lutte contre la circulation illégale des armes légères et le trafic de drogue. Le Sahel serait devenu une plaque tournante pour le trafic de drogue vers l'Europe. Il y a lieu de relever que pour le Mali, un accord entre le gouvernement et les responsables de l’Alliance touareg du 23 mai avait été signé à Alger prévoyant, entre autres, le développement de la région de Kidal, dans le nord du pays et où s’était développée la rébellion et qui était même devenue un sanctuaire pour Al Qaïda Maghreb.L’accord, signé le 4 juillet 2006, par le général Kafougouna Koné et les chefs de l'Alliance, prévoit également la création d'unités spéciales de sécurité et la remise des armes dérobées par les ex-rebelles avant leur réinsertion socioéconomique. Suite à cet accord, des rebelles maliens irréductibles ont essayé de rebondir en annonçant la création d’une alliance touareg Niger-Mali (ATNM). Le nord du Niger est une région désertique où le groupe français Areva exploite deux mines d'uranium et où prospectent d'autres entreprises étrangères. Affaire à suivre.
Par : Djamel Bouatta LIBERTE

Saturday, August 25, 2007

L'Algérie en panne de projets sérieux.

Dans l'Algérie engourdie par le soleil de juillet, le seul mouvement semble être celui des convois des mariages qui sillonnent les routes à la poursuite d'une voiture fleurie. Mais à y regarder de plus près, il y a, au milieu des champs de blé fauchés de l'oued Fodda, à mi-chemin entre Alger et Oran, une autre activité, plus discrète : ce sont les employés chinois du consortium Citic-CRCC, lancés depuis quelques semaines dans une course contre la montre. Ils ont quarante mois (à compter du 18 septembre 2006) pour construire 528 kilomètres de l'autoroute est-ouest, un record mondial.
Leurs deux tronçons, du centre et de l'ouest, s'ajouteront au réseau existant et aux 399 km qu'un consortium japonais construit à l'est du pays. L'ensemble de 1 216 km sera en 2009, année de la fin du mandat du président Abdelaziz Bouteflika, la contribution algérienne à l'axe transmaghrébin de 7 000 km entre la mer Rouge à l'Atlantique.
Au ministère des travaux publics, qui chapeaute le "chantier du siècle" si cher au président, on suit les travaux de près. "Nous avons imposé aux Chinois d'utiliser 70 % de main-d'oeuvre locale afin que nos Algériens se frottent à une autre culture, explique Omar Oukil, conseiller en communication du ministre. Nous avons besoin d'une culture du travail assez rigoureuse, nous avons besoin de voir les choses de façon assez sérieuse. Les Chinois sont une race à part, ils font les trois-huit, sept jours sur sept", ajoute-t-il en conclusion de sa journée de travail au ministère, déjà désert sur le coup de 16 heures.
Les Japonais du groupement Cojaal ont les mêmes délais que les Chinois mais remplaceront une partie de la main-d'oeuvre par de la haute technologie. "La hauteur des lames de nos bulldozers et tous les mouvements de nos engins seront dictés par satellite, explique Atshushi Furuta, directeur général du bureau d'Alger. Cela permet de réduire les coûts, même s'il n'est pas très économe de construire une autoroute en quarante mois."
Relier ses frontières tunisienne et marocaine va coûter 11,1 milliards de dollars à l'Algérie (près de 8,5 milliards d'euros), c'est le plus gros chantier jamais entrepris dans le pays, avec 74 881 ouvriers - dont 21 973 expatriés asiatiques -, 11 tunnels percés sur deux fois 3 voies et 390 ouvrages d'art réalisés, dont 25 viaducs. Les offres d'autres groupements, comme le franco-allemand Razel-Vinci-Bilfinger, n'ont pas été jugées compétitives.
Omar Oukil, qui se dit peu attiré par l'Asie ("Quand je suis fatigué, c'est à côté de Marseille que je vais me reposer"), est pourtant impressionné par les Japonais. "Sur les chantiers, leurs manières strictes forcent le respect, affirme le cadre du ministère des travaux publics. Ils dégagent de l'intelligence et une véritable élégance. Les Chinois, eux, ont l'air misérable. Ils n'ont que leur travail à offrir." Ceux du bureau de Chlef, à 210 km à l'ouest d'Alger, font pourtant excellente impression : hommes et femmes en tenue sport chic, jeunes et accueillants, parlant français ou arabe, équipés d'ordinateurs dernier cri et respectant à la lettre les consignes affichées au mur.
"INVASION JAUNE"
"Les groupements que nous avons retenus au terme de l'appel d'offres sont de rang mondial", confirme Mohammed Kheladi, directeur de la division programme neuf, qui supervise les 927 km attribués aux deux consortiums asiatiques. Son quartier général sur les hauteurs d'Alger, tout juste aménagé par une entreprise chinoise, est une véritable ruche.
Une partie de l'administration algérienne a en effet adopté le rythme asiatique : "Nous faisons les cinq-huit !", plaisante M. Kheladi, qui nous reçoit en fin de journée, entre une délégation japonaise et une chinoise.
Afin de ne laisser aucun prétexte de retard aux constructeurs, qu'il "bouscule en permanence", il doit s'assurer que le tracé soit libéré des habitations et des réseaux d'eau, d'électricité, de gaz ou de pétrole, que les bases de vie soient proprement installées, que les paiements soient effectués, que la douane laisse passer les engins des consortiums, que la main-d'oeuvre algérienne soit engagée et formée, que les visas des expatriés soient délivrés, sans compter les changements de tracé, comme celui destiné à limiter l'impact sur le parc national d'El-Kala, à la frontière tunisienne. "Cette autoroute va harmoniser et développer le pays, dit-il. Des villes et villages vont se dresser le long du tracé. Elle sera le feu vert pour les investisseurs et les touristes."
En haut lieu, on estime que l'autoroute a aussi valeur de test pour les entreprises chinoises. "S'ils réussissent, toutes les portes leur seront ouvertes." Pour l'heure, la participation chinoise aux grands projets algériens a été restreinte, notamment pour le programme de 1 236 883 logements entre 2001 et 2009. Moins de 30 000 unités ont été confiées à l'entreprise chinoise CSCEC, qui se dit capable de beaucoup plus, le plus gros allant aux entreprises égyptiennes, turques et bien sûr nationales.
Il s'agissait sans doute de limiter les frictions avec une population troublée par ces nouveaux migrants, qui sont officiellement 18 000 dans le pays. Le journal El-Youm vient de faire scandale avec une double page venimeuse sur les méfaits des Chinois, "cette invasion jaune qui ne respecte pas les interdits religieux (...) et adore les brochettes de chat et de chien".
Mais ce n'est pas tout : le géant aurait failli. Des retards ont été enregistrés dans la livraison des logements et les autorités algériennes refusent de voir que les Chinois n'y pouvaient rien : épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003 qui a bloqué l'arrivée des expatriés, tremblement de terre la même année, énormes retards administratifs et techniques algériens. "Nous ne sommes plus une économie de monopole, nous sommes ouverts à tous, aux Chinois mais aussi aux Français !" sourit un haut responsable du ministère de l'habitat. Avant d'avouer qu'il est déçu par les Chinois, dont il attendait des miracles. "Mais ne me citez pas, dit-il, je ne veux pas me mettre 1,3 milliard de personnes à dos."
Serge Michel- Le Monde 25/08/2007

Friday, August 24, 2007

Ce que propose l'initiative marocaine pour l’autonomie au Sahara

L'initiative marocaine, remise le 10 avril dernier à l'ONU, renferme 35 points. Elle définit les grands contours d'une large autonomie pour la région du Sahara.Dans le texte de cette initiative, accompagné d'une note explicative, le Maroc affirme répondre aux appels, lancés depuis 2004, de la communauté internationale pour sortir de l'impasse que connaît le dossier, mais à travers une approche «responsable et innovante» qui respecte la légalité internationale ainsi que les normes et standards internationaux en matière d'autonomie. L'initiative marocaine affirme qu'une autonomie au Sahara se fera sans «discrimination» ou «exclusion» à l'égard des Sahraouis là où ils se trouvent et qui seront appelés d'abord à trancher de manière «moderne et démocratique» par référendum. Un conseil transitoire, représentant toutes les parties, veillera à toutes les consultations y compris les élections pour désigner le Parlement de la région autonome. De ce dernier sera issu le chef du gouvernement régional. Le Parlement régional sera composé de membres élus par les tribus et de membres élus au suffrage universel. C'est également le Parlement régional qui met en place des tribunaux dont les jugements sont rendus au nom de Sa Majesté le Roi. Les habitants de cette région, qui sera dotée d'un conseil économique et social, jouissent de toutes les garanties prévues dans la Constitution en matière des droits de l'Homme tels qu'universellement reconnus. Ils participent d'ailleurs à toutes les institutions nationales et prennent part aux élections générales. La région du Sahara disposera de larges prérogatives en matière d'administration, de juridictions et même de police locale. Ces prérogatives comprennent tous les aspects de la vie économique, les infrastructures, la culture, les taxes et impôts... Ses ressources financières proviendront des taxes perçues par les autorités régionales compétentes, les ressources naturelles de la région et une part des produits des recettes des ressources naturelles exploitées par l'Etat dans la région. En plus des fonds prévus dans le cadre du principe de solidarité nationale. La région autonome, après consultation avec l'Etat, pourra établir des relations de dialogue et de coopération avec d'autres entités régionales étrangères. L'Etat central garde l'exclusivité des prérogatives relatives aux attributs de la souveraineté : le drapeau, l'hymne national, mais aussi les prérogatives religieuses et constitutionnelles du Roi. En plus de la sécurité nationale, de la défense, de l'intégrité territoriale, des affaires étrangères et du système judiciaire.Dans le texte de cette initiative, le Maroc met au-devant l'option d'un référendum pour l'adoption d'un statut d'autonomie après les négociations entre les parties. Il s'engage aussi pour une amnistie générale et à prendre les mesures nécessaires pour assurer une totale intégration, dans le tissu de la Nation, à toutes les personnes rapatriées et à garantir leur dignité et leur sécurité.
Le 10-8-2007Par : Mohamed Boudarham - MAP.

Wednesday, August 22, 2007

L’émission Sans Visa au cœur d’une controverse. Pourqoui avoir filmé un mariage marocain?

En arrivant à Montréal, Samir Chaâbna, le journaliste-producteur de l’émission Sans Visa, diffusée à la télévision d’Etat en Algérie, ne se doutait pas qu’il allait donner le coup d’envoi à une polémique au sein de la communauté algérienne au Canada.
Montréal (Canada). De notre correspondant
La nouvelle de son arrivée a circulé comme une traînée de poudre dans la métropole québécoise avec moult spéculations sur le choix des « invités » qui auraient droit aux quart d’heure de célébrité télévisuelle, selon l’indémodable formule du pionnier du pop art, Andy Warhol. Pour le « quart d’heure », il faudra mettre la main au portefeuille. Le journaliste a, en effet, annoncé, par le biais du site de la radio internet salamontreal.com de l’association le Centre culturel algérien (CCA), l’organisation, en collaboration avec cette dernière, d’une soirée artistique payante destinée à la diffusion en Algérie durant le Ramadhan. Au menu de la soirée, un panel d’artistes algériens vivant au Canada et un rituel de mariage marocain qui a suscité une série de réactions critiques sur le site de la radio du CCA de la part d’Algériens qui, sans verser dans l’antimarocanisme, ne comprennent pas pourquoi on n’a pas choisi un des rituels de leur vaste bled. Les responsables de la radio, pour prendre leurs distances, ont posté sur le forum une explication insistant sur le caractère maghrébin de la soirée. Ahmed Mahidjiba, le président du CCA, souligne que le contenu de l’émission relève de son producteur, Samir Chaâbna, et que son association s’est occupée uniquement de la logistique et du contact des artistes. Naïma Mimoune, présidente de l’association le Cercle des familles algériennes (CFA), ne cache pas son étonnement. « L’Algérie n’a pas encore déclaré une faillite culturelle à ce que je sache. Je n’ai jamais vu la chaîne marocaine 2M venir filmer les Algériens ici », affirme-t-elle en faisant remarquer que le CFA aurait pu, s’il avait été approché, contacter plusieurs familles algériennes prêtes à promouvoir la culture algérienne. Même réaction à l’Union des artistes algéro-canadiens (UDAAC). Sa présidente, Zineb Sahli, qui dit ne pas avoir été contactée, s’interroge sur le choix du rituel du mariage marocain. « Avons-nous montré tout ce que recèle notre culture pour passer aux autres ? », s’interroge-t-elle. Sentiment partagé par Tassadit Ould Hamouda, présidente de l’association culturelle berbère Tafsut : « Si au moins on avait passé auparavant un mariage algérien, je comprendrais. » Samir Chaâbna, de son côté, essaie de tempérer la polémique qui enfle, en expliquant que « l’objet de l’émission n’est pas le rituel du mariage marocain. Nous avons voulu faire une ouverture. Vous allez voir les vtr (l’enregistrement vidéo, ndlr), le rituel n’est qu’une infime partie de l’émission. Nous avons déjà enregistré une émission au Canada il y a quelques années. Elle était axée sur les universitaires. Cette fois, nous avons choisi l’angle social qui se prête à une diffusion au Ramadhan ». Le député de la zone des Amériques, Mohamed Gahche, contacté dans la banlieue de Washington où il réside, ne semblait pas être au courant de la polémique. Il trouve la chose positive « si ça permet de promouvoir la culture maghrébine ». Farid Salem, président de l’association Solidarité Québec-Algérie (SOQAL), affirme que « les Algériens d’Algérie n’ont pas besoin de voir le chaâbi, par exemple. Ils ont besoin de connaître les composantes de la culture au Québec et au Canada. Il aurait été plus sage que les responsables de l’émission fassent appel à toutes les associations. Il en existe environ 23 dont 10 sont en activité. Ça aurait enrichi l’émission ». Quant à l’animateur radio Aïssa, Lamri, il affirme être contre ce concept d’émission qui « dresse un tableau féerique de la réalité des Algériens du Canada ». Certains soupçonnent l’animateur de l’émission d’être téléguidé par le consulat général d’Algérie à Montréal, ce que ce dernier nie. « Samir Chaâbna nous a contacté, nous lui avons communiqué la liste de toutes les associations de la communauté. Nous ne sommes pas responsables ni de près ni de loin de ses activités. C’est un journaliste et il est libre de contacter qui il veut », affirme le consul général d’Algérie, Abdelaziz Sebaâ.
10 dollars la place
Pour l’observateur, il est curieux que la boîte de production Evasion T — dont El Watan détient une copie des statuts — que dirige Samir Chaâbna à Marseille fasse payer 10 dollars en droit d’entrée aux participants. L’émission sera vendue, après, à la télévision d’Etat en Algérie. Le journaliste-producteur affirme qu’il était contre l’idée de faire payer, mais le CCA, qui a pris en charge la logistique, a insisté pour amortir les coûts. Information confirmée auprès du président du CCA, Ahmed Mahidjiba. « Ces 10 dollars par place nous permettront à peine de récupérer les frais de location de la salle et la sonorisation », dit-il. Rachid Boudjarane, le président du Regroupement des Algériens du Canada (RAC), rappelle qu’il y a un peu plus de deux années, l’émission Sans visa n’a pas pu enregistrer au Canada par manque de sponsors. A l’époque, lors d’une réunion avec les associations, les présents avaient signifié au producteur que du moment qu’il facture ses émissions à la télévision algérienne il devait payer toutes les prestations qu’il demandait. En 2007, Samir Chaâbna a appris la leçon. Si aujourd’hui il se trouve au cœur de cette polémique, le CCA aussi. Encore que pour ce dernier, l’essentiel, selon l’adage, est que l’on parle de lui, en bien ou en mal. Il reste que cette controverse est à mille lieues des difficultés d’intégration sociale et professionnelle des Algériens. L’un d’eux s’est suicidé, la semaine dernière, en se jetant contre une rame de métro. Il avait 38 ans.
Samir Ben Djafar EL WATAN 22/08/2007.

L’UE installe des observateurs à Tindouf pour contrôler l'aide humanitaire

Le déblocage de l'aide humanitaire décidé dernièrement par la Commission européenne sera accompagné par l’installation à Tindouf d’observateurs internationaux. L'objectif est de lutter contre le détournement par le Polisario des fonds destinés aux populations des camps.Le déblocage d'une aide humanitaire de 10 millions d’euros destinée par la Commission européenne aux populations des camps de Tindouf sera accompagné par le déploiement d'un groupe d'observateurs internationaux, dont des fonctionnaires onusiens. Selon des sources informées, cette décision a été prise par la Commission européenne qui en a informé récemment aussi bien les autorités algériennes que la direction du Polisario pour éviter tout détournement ou mauvaise gestion de ces fonds.Selon les mêmes sources, la Commission européenne s'est basée dans sa décision sur des rapports faisant état de détournements et de mauvaise gestion des aides humanitaires et notamment de denrées alimentaires de première nécessité qui se retrouvent en vente aussi bien sur les marchés algériens qu'en Mauritanie. Sans parler de plusieurs rapports, dont certains avaient été établis par des organismes internationaux, faisant du sort réservé aux aides humanitaires.En effet, le soi-disant "Croissant- Rouge sahraoui" n'est pas reconnu en tant qu'intermédiaire des organisations internationales alors que le CRA (Croissant-Rouge algérien) a été sanctionné dernièrement par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour ne pas avoir réuni, dans les délais réglementaires, ses instances de décision. La Commission européenne avait pris la décision d'allouer 10 millions d’euros d'aides humanitaires et ce à la veille du deuxième round des négociations directes entre le Maroc et le Polisario, les 10 et 11 août derniers à Manhasset.La veille du premier round, une mesure similaire avait été prise par les Etats-Unis qui avaient annoncé le déblocage d'une aide humanitaire de la valeur de 1 million de dollars dont la coordination avait été confiée au PAM (Programme alimentaire mondial). La nouvelle aide décidée par la Commission européenne pour les populations de Tindouf est ventilée en deux rubriques. Un montant global de 5 millions d’euros sera ainsi réservé à l'amélioration des conditions de vie de ces populations et notamment pour ce qui est de l'accès aux soins de santé, à l'eau potable et à l'assainissement liquide. Des prestations inexistantes dans les mouroirs du désert algérien sauf dans le camp dit "Dakhla" où les populations ont accès à l'eau potable de mauvaise qualité servie par un réseau vétuste de distribution.La deuxième partie de cette aide, de cinq millions d’euros également, est destinée à financer les besoins en nourriture de base, mais aussi la fourniture de produits frais et de protéines pendant le mois de Ramadan. En 2006, le Polisario s'en était violemment pris aussi bien au HCR (Haut commissariat aux réfugiés) qu'au PAM (Programme alimentaire mondial) les accusant de faillir à leurs responsabilités. Ces deux organismes avaient estimé, pour leur part, que ni les autorités algériennes ni la direction du Polisario n'avaient consenti à autoriser un recensement des populations concernées s'en tenant au chiffre jugé amplement exagéré de 160.000 personnes dépendant totalement de l'aide humanitaire internationale. Depuis 1993, la Commission européenne, à elle seule, avait octroyé des aides humanitaires d'une valeur globale de 133 millions d’euros aux populations des camps de Tindouf.
Le 22-8-2007Par : Mohamed Boudarham -Aujourd'hui le Maroc.

Tuesday, August 21, 2007

Un écrivain algérien impute à l'Algérie la responsabilité de la crise au Sahara (journal libanais)

L'écrivain algérien Yahya Abou Zakaria a fait endosser à l'Algérie la responsabilité de la crise au Sahara, dans un articule publié lundi par le journal libanais +Al-Liwae+.
Sous le titre "Le Maroc, l'Algérie, le front +Polisario+ et l'agenda international", l'auteur écrit que "parler du front +polisario+ c'est parler de l'Algérie" et par là même, évoquer plus d'un quart de siècle de relations maroco-algériennes complexes.
Si "le +polisario+ était libre de ses mouvements et agissait conformément à son agenda international, sa crise avec Rabat aurait pu être résolue très facilement".
Depuis le début de la crise au Sahara et les premières réflexions sur l'émiettement de la géographie maghrébine avec le projet de création d'une nouvelle entité politique entre l'Algérie et le Maroc, les relations entre les deux pays sont restées sous l'emprise de cette crise exagérément amplifiée, relève l'écrivain Yahya Abou Zakaria.
Evoquant la position de certains journaux algériens, l'auteur de l'article déplore le fait que ces publications publient des informations fournies par les services secrets, précisément ceux en charge des dossiers des relations maroco-algériennes et du Sahara", ajoutant que "certains de ces services dictent à ces journaux une ligne éditoriale hostile au Maroc".
"Il est évident qu'une partie en Algérie s'emploie à attiser la tension marquant les relations maroco-algériennes pour différentes raisons, dont la prédominance du militaire sur le politique", écrit l'auteur, notant que "cette cinquième colonne coordonne avec des milieux extérieurs, car une confrontation militaire entre l'Algérie et le Maroc ouvrirait grandement la porte à une présence américaine sur la scène maghrébine".
Beyrouth, 20/08/07 MAP

Saturday, August 11, 2007

Maroc-Sahara : L'Algérie assume la responsabilité de la persistance du conflit du Sahara (ancien diplomate algérien)

L'Algérie qui "ne veut pas faire de concessions" au sujet de la question du Sahara assume la responsabilité de la persistance de ce conflit, a affirmé l'ancien diplomate algérien, Mohamed Zaitoune.
Dans une déclaration à la chaîne "Al-Jazeera", diffusée vendredi, l'ancien diplomate algérien a souligné que l'Algérie "ne veut pas faire de concessions au sujet de la question du Sahara, car, pour elle, il y a deux questions qui doivent perdurer : la première est liée à ce qui est appelé les groupes armés et la deuxième est relative au conflit autour du Sahara et à la confrontation avec le Maroc". Ces deux questions, a-t-il ajouté, permettent aux autorités algériennes de justifier plusieurs politiques aux plans intérieur et international.
M. Zaitoune a rappelé que l'assassinat de l'ancien président algérien Mohamed Boudiaf est lié à la question du Sahara, ce dernier ayant "avancé sur la voie d'une solution" à ce conflit. Et de déplorer : "Au lieu de l'Union du Maghreb arabe et de l'unité maghrébine, on revit la guerre froide dans la région".
Rabat, 10/08/07-MAP

Saturday, August 04, 2007

Le Polisario est conscient que "l'indépendance totale au Sahara n'aurait pas lieu" (Journal libanais)

Le Polisario est conscient que "l'indépendance totale au Sahara ne pourrait se réaliser, mais cherche une solution qui serait très proche", rapporte, samedi, un journal libanais.
Dans un reportage sur la question du Sahara signé par son envoyé spécial aux camps de Tindouf dans le Sud-ouest de l'Algérie, Sami Kleib, le quotidien Assafir souligne qu'avec la poursuite des négociations sur le Sahara à Manhasset aux Etats Unis, il n'y a plus de raison de ne pas être optimiste, rappelant au passage les conditions difficiles dans lesquelles vivent les populations dans les camps.
L'auteur de l'article s'est entretenu avec des dirigeants du Polisario dont Bachir Mustafa Sayed qui a relevé que le Souverain "a réussi à panser les plaies du passé, à mettre fin à l'ère des détentions politiques et à garantir les libertés des médias et politiques".
Donnant un aperçu sur cette question qu'il a qualifiée de "conflit africain relégué aux calendes grecs", Sami Kleib rappelle que cette question perdure depuis trois décennies, affirmant que "l'armée algérienne a toujours été derrière le Polisario". La question du Sahara est "un élément d'une grande équation régionale", commente le journaliste.
Sami Kleib a évoqué, par ailleurs, le rôle des Etats Unis et de la France dans le règlement de la question du Sahara, particulièrement après l'élection de M. Nicolas Sarkozy à la présidence, notant les aspirations du chef de l'Etat français à créer "une union méditerranéenne", sachant que toute union ne peut exister dans un cadre marqué par les conflits.
Beyrouth, 04/08/07-MAP

Thursday, August 02, 2007

لازالت البوليساريو تستفيد من تهريب السجائر كمصدر للتمويل

أكدت مصادر مطلعة أن جملة من قياديي جبهة البوليساريو يرعون تهريب السجائر باعتباره أضحى نشاطا يذر عليهم
موارد مالية مهمة، وقد ذهب أحد المصادر إلى الإقرار بأن تهريب السجائر يساهم في تمويل البوليساريو
كما أكدت مصادر أخرى أن قيادة المنطقة السابعة التابعة للبوليساريو أصبحت الآن ثرية بفضل نشاط تهريب السجائر المزدهرة على الحدود الجنوبية
وحسب دراسة تم كشفها مؤخرا، فإن السجائر المهربة تمثل أكثر من 28 في المائة من مجمل حجم مبيعات السجائر في بلادنا، علما أن تهريب السجائر أضحى يتم بالأساس عبر الصحراء، وبالخصوص انطلاقا من ميناء نواديبو بموريتانيا
أضحت السجائر المهربة في كل مكان، حيث تجد باعة السجائر بالتقسيط يعرضون السجائر الشقراء المهربة من إسبانيا وموريتانيا، ومنها مالبورو ووينستون وكاميل وأنواع أخرى أقل شهرة غزت السوق مؤخرا، ومنها أميريكان ليجوند، أمبير، دوستون.. تباع باللعبة (ما بين 7 و10 دراهم) وبالتقسيط، نصف درهم للسجارة الواحدة
وحسب المتتبعين لنشاط تهريب السجائر بالمغرب، فإن كميات كبيرة منها تأتي من عدة مصادر، ومنها ميناء العيون، باعتبار مساهمة السفن الرابطة بين المدينة وجزر الكناري في هذا التهريب وبكميات مهمة، ثم يتم نقلها من هناك عبر مسالك وعرة لتجنب نقط المراقبة للدرك الملكي حتى تصل إلى وسط المغرب، كما يقوم بعض المهربون بإدخال السجائر المهربة على ظهور الإبل انطلاقا من موريتانيا، وقد سبق للسلطات الأمنية بالجنوب أن ألقت القبض على عصابات تخصصت في هذا النشاط باستعمال قوافل الإبل
ولا يخفى على أحد أن هذا النوع من التهريب يحلق أضرارا بالغة بالاقتصاد الوطني، علاوة على الأضرار التي تلحقها بصحة المواطنين
حسب تقرير أعدته شركة ألتاديس الإسبانية – الفرنسية، يبلغ حجم السجائر المهربة إلى أكثر من 5 ملايين سيجارة سنويا، في حين وصل رقم معاملات تهريب السجائر السنة الماضية إلى نحو 6.8 مليار درهم، أي ما يمثل أكثر من 26 في المائة من مدخول مجموع السجائر المقتناة بالمغرب، وبذلك تخسر خزينة الدولة ما يناهز 3 مليارات درهم من الضرائب والرسوم
ومن مؤشرات التي تفيد أن تهريب السجائر عرف تطورا كبيرا بجنوب الصحراء، أن موريتانيا استوردت خلال سنة 1995 ما يناهز 840 مليون سيجارة، وبعد تسع سنوات تضاعف هذا العدد أكثر من عشر مرات فأضحى 9800 مليون سيجارة، وأغلب هذه الكمية عرفت طريقها إلى المغرب انطلاقا من نواديبو ثم الزويرات فبير مقرن، وهناك تعبر الجدار الأمني ليتم مركزة الكميات المهربة مؤقتا بكتلة زمور قبل نقلها إلى العيون وباقي مدن الجنوب ومنها إلى الدار البيضاء ومنها إلى المدن الأخرى، هذا هو مسار تهريب السيجار برا والذي يستفيد منه قياديي البوليساريو القائمين على أمور المنطقة السابعة
إدريس ولد القابلة رئيس تحرير أسبوعية المشعل
02/08/2007

Algérie: L’ancien chef de gouvernement Belaïd Abdeslam à propos du maintien de l’état d’urgence : C’est une chose anormale

La polémique enfle entre l’ancien chef du gouvernement Belaïd Abdeslam et le général-major à la retraite Mohamed Touati. Cette polémique par colonnes interposées entre les deux hommes a au moins cela de positif : elle permet aux citoyens de s’informer sur ce que sont «les jeux du pouvoir» dans notre pays, à travers ce qui s’apparente à une nouvelle méthode de «communication institutionnelle à l’algérienne».
Dans l’interview accordée à notre confrère El Watan et publiée dans son édition d’hier, Belaïd Abdeslam ne s’est pas contenté de re-répondre au général Touati, mais il a levé le voile sur une période sombre de l’histoire récente de l’Algérie et donné son avis sur quelques sujets relatifs à la gouvernance du pays.
Maintien de l’état d’urgence : un aveu d’une situation anormale Défendant sa thèse de période de transition de 5 ans assortie de la proclamation de l’état d’exception qu’il avait préconisé lorsqu’il avait été appelé à prendre la tête du gouvernement en 1992, Belaïd Abdeslam justifie cette position par la situation «très problématique» engendrée, selon lui, par «ce qui s’est passé le 11 janvier 1992 (départ de Chadli, NDLR)».
Pour lui, il fallait s’arroger les pleins pouvoirs mais seulement pour une période bien déterminée, car explique-t-il, «l’état d’exception comme l’état d’urgence sont des mesures censées faire face à une crise». Une longue crise qui dure signifie, estime-t-il, «qu’il y a quelque chose d’anormal».
Ce qui l’a amené à évoquer l’état d’urgence proclamé en 1992 encore en vigueur. «On ne peut pas continuer à faire de mesures à caractère exceptionnel quelque chose de permanent», a-t-il affirmé, relevant que «c’est implicitement un aveu que l’on n’a pas attaqué les vraies causes de la crise».
par Halim Mouhou , le jeune indépendant 02/08/2007

Wednesday, August 01, 2007

Zerhouni crache le morceau et avoue: “La situation de crise dans la Kabylie a facilité le terrorisme”

Au deuxième jour de la visite présidentielle dans la wilaya d’Oran, le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, a tenu un point de presse, hier après-midi, à l’hôtel Sheraton.
Le ministre de l’Intérieur a, auparavant, dans un long préambule, dressé le bilan du développement local de la wilaya d’Oran pour évoquer, par la suite, les questions de lutte contre le terrorisme, l’insécurité et le phénomène de l’abstention. Ainsi, en marge de l’opération de ratissage à Yakourène, le ministre de l’Intérieur a estimé qu’en Kabylie, particulièrement touchée par les actes terroristes, l’on se retrouve dans une situation telle à cause de la crise qu’a vécue cette région et le départ des gendarmes. “Effectivement, dans la wilaya de Tizi Ouzou et celle de Béjaïa, il y a eu une intensification des actes terroristes… cette région a vécu une situation de crise et de chaos ces 4 ou 5 dernières années, que nous payons en termes de facilité pour les terroristes !… Nous le payons très cher aujourd’hui, mais maintenant la plupart des citoyens demandent eux-mêmes le retour de la gendarmerie dans la région”, déclare le ministre.Toujours en matière de lutte contre le terrorisme, le ministre confirme qu’avec l’ensemble des voisins de l’Algérie, comme le Maroc, il y a toujours eu des contacts et des échanges et il n’a pas omis de rappeler une fois encore que “l’Algérie a lutté seule contre le terrorisme pendant des années”. Dans cet ordre d’idées, M. Zerhouni réaffirmera que pour l’installation de bases militaires étrangères en Algérie, c’était là inconcevable et qu’il ne saurait en être question. Interrogé à nouveau sur le “phénomène de l’abstention” dans la perspective des prochaines élections locales, le ministre annoncera le lancement d’une opération de vérification “des mal inscrits, c’est-à-dire les citoyens ayant changé de résidence et n’ayant pas fait la démarche de se réinscrire sur les listes électorales”. “Nous allons envoyer en recommandé un courrier à tous les citoyens qui n’ont pas voté pour leur demander de confirmer s’ils résident toujours à la même adresse ou non. Il y aura à l’intérieur une enveloppe avec franchise postale pour renvoyer la réponse”, expliquera le ministre.Autre thème évoqué, lors de cette conférence de presse, le statut particulier des fonctionnaires de police, alors que le ministre était interrogé sur la possibilité de la création de syndicats de police après la promulgation des statuts. Bien que ne voulant pas aborder directement cet aspect, M. Zerhouni indiquera que pour le statut particulier de la police et pour tous les corps spécialisés, il y avait des conditions à remplir. “tous les corps spécialisés comme ceux de la police sont des corps où en termes de devoirs et de droits, il y avait des exigences !” se contentera de dire le ministre. Mais il annoncera que l’ensemble des statuts particuliers comme ceux de la police, des walis et de la Protection civile… seront probablement adoptés fin 2008. Par ailleurs, le ministre, chiffres à l’appui, note que l’un des secteurs qui accuse de plus de retard dans la wilaya d’Oran, est celui de la santé et de citer : “Oran enregistre le taux le plus important à l’échelle nationale de cas de tuberculose, 120 cas pour 1,000, de même pour le taux de mortalité qui est de 6 pour 1 000, plus élevé que la moyenne nationale, un retard est encore enregistré dans le nombre de lits et des spécialistes qui ne sont qu’un médecin spécialiste pur 1 500 habitants. Au terme de sa conférence, le ministre de l’Intérieur annoncera que la wilaya d’Oran obtient un programme complémentaire de 18 milliards de DA qui devrait lui permettre de poursuivre son développement.
F. BOUMEDIENE, LIBERTE 01/08/2007.

Inside polisario

Le 27 février dernier, le Front Polisario fêtait en grande pompe à Tifariti le 31è anniversaire de l’auto-proclamation de la Rasd.
Ces festivités, auxquelles n’ont assisté aucune délégation étrangère ni invité de marque algérien, n’ont pas fait l’unanimité au sein même de la population sahraouie. Une réalité qui témoigne de la grave crise politique qui mine le Polisario de l’intérieur.«Regardez nos conditions de vie. Elles empirent et aucune solution avec le Maroc n’est en vue. Je pense que je finirai mes jours ici… Lassé, ce vieux Sahraoui désigne son univers : le campement de réfugiés appelé Dakhla, séparé d’une centaine de kilomètres de piste des installations administratives du Front Polisario. À l’horizon, des centaines et des centaines de tentes vertes où vivent les Sahraouis. La plupart sont jouxtées par une petite pièce en terre où les familles stockent leurs maigres biens. Les plus chanceux possèdent un minuscule enclos en tôles ondulées et grillages de récupération où piétinent quelques chèvres. Cet aveu d’impuissance est vécu comme une humiliation par ce vieux sahraoui qui vient de débiter sur un ton monocorde le discours du Front Polisario servi aux étrangers : grâce à l’aide humanitaire internationale, le Front a construit des écoles, deux internats, un jardin au milieu du désert, des “hôpitaux”, des studios modernes pour la “radio nationale sahraouie”… Le tout entretenu par des Sahraouis qui, au nom de “la cause”, travaillent sans être rémunérés puisque “tous sont des fonctionnaires de la RASD” et que “l’Etat n’a pas les moyens de les payer”. Il n’ira toutefois pas plus loin mais lâchera un “tout ça pour ça” qui en dit long sur son ras-le-bol. C’était en 2004. Trois ans plus tard, ce ras-le-bol s’est exacerbé à Tindouf : marre de vivre dans la misère, de dépendre de l’aide humanitaire, d’attendre une hypothétique résolution du conflit, de vivre sans perspectives d’amélioration de son quotidien… Les revendications sont légion et beaucoup de Sahraouis ont désigné les coupables de leur malheur : le Maroc bien sûr mais aussi la direction du Front Polisario et notamment Mohamed Abdelaziz, accusé d’immobilisme. Parmi les siens, le Secrétaire général du Front est en outre montré du doigt pour s’être accaparé tous les pouvoirs et avoir accepté en huis clos avec Mohamed Khadad, le coordinateur du Front Polisario pour la Minurso, le plan Baker qui prévoit une période d’autonomie avant un référendum d’autodétermination. Ce mécontentement qui confine à la rébellion s’exprime bien sûr à Tindouf où de plus en plus de jeunes veulent reprendre les armes mais est surtout relayé à l’étranger par les centaines de cadres du Polisario, c’est-à-dire ces hommes et ces femmes qui ont fait des études, souvent de droit, en Algérie, en Libye, en Espagne ou encore à Cuba et qui ont quitté les campements faute d’avenir. Éparpillés dans plusieurs pays européens, ils tirent à boulets rouges sur la direction du Polisario et donnent, par exemple, de la voix sur les tchats Internet où les échanges se font en hassanya, le dialecte sahraoui, ou encore sur les forums comme celui du site Web www.arso.org, géré depuis la Suisse.«Une direction du Polisario qui a atteint les limites de l’incompétence» Ainsi, en octobre 2006, Baba Sayed, frère du fondateur du Front et ancien représentant du mouvement en France, en Suisse et au Canada, où il vit exilé, écrivait sur Arso : «au cours des quinze dernières années seulement, le tiers de la direction du Front Polisario a rejoint le Royaume du Maroc. (…) Tous ces cadres sahraouis, et bien d’autres centaines d’anonymes et des sans grades, ont rejoint le Maroc parce qu’ils ne pouvaient plus supporter une situation de pourrissement, de blocage, d’injustice, de statu quo et de laisser-aller entretenue, semble-t-il à dessein, par une direction du Polisario qui a atteint, depuis longtemps, les limites de l’incompétence !».Autre voix qui s’en prend à la direction du Polisario sur Arso : celle de Salah Khatri, un jeune sahraoui installé en France. Dans une violente diatribe publiée il y a un an, il dénonce la dictature exercée par Abdelaziz et son entourage en des termes peu amènes mais fondés : «La direction du Front Polisario est tombée dans le piège : mélanger l’Etat et le mouvement politique. Elle n’a jamais réussi à distinguer l’Etat et le parti politique. Ce qui a donné une fermeture politique complète et a fait basculer le projet de l’Etat sahraoui vers un cercle fermé politiquement. (…) L’Etat sahraoui n’a jamais eu de renouvellement de son pouvoir : le même président et le Secrétaire général du Front Polisario sont en place depuis 1976. Les membres du secrétariat national d’aujourd’hui sont les mêmes membres de l’ex-comité exécutif et l’ex-bureau politique du Front Polisario».Tout aussi virulents les communiqués du mystérieux mouvement d’opposition interne au Front appelé Khat Achahid (La Voix du Martyre). On sait peu de choses sur lui sinon que sa direction se compose d’une quinzaine de personnes basées en Espagne et qu’il serait financé par un restaurateur sahraoui de Marbella soupçonné par certains d’être infiltré par les services marocains. Toujours est-il qu’après avoir connu une période trouble l’été dernier, suite à l’exclusion du militant Mahjoub Salek accusé d’avoir été “retourné” par le Maroc et qui partage maintenant sa vie entre l’Espagne et la Mauritanie où il a acquis une jolie maison, Khat Achahid semble reprendre du poil de la bête. Le 27 février dernier, l’Organisation a publié un communiqué envoyé à divers organes de presse. Il s’en prend à la direction du Polisario dénonçant «une direction politique incapable de gérer la crise actuelle, inapte à amener le changement» et «la mauvaise gestion administrative et la propagation de la corruption, du clientélisme et du tribalisme ce qui favorise le marchandage avec la souffrance du peuple sahraoui et le sang de ses martyrs».Entre clientélisme et collectivisme totalitaireLe maintien de Mohamed Abdelaziz à la tête du Front Polisario, en dépit de ces remises en cause, s’explique en partie par le système de clientélisme qui s’est progressivement installé à Tindouf et lui permet de garder une forte emprise sur la population. Ce système a été décrit de façon précise par Olivier Pierre Louveaux qui a passé l’été 2003 à Tindouf dans le cadre d’une mission humanitaire de l’Ong Caritas Secours international dans un texte publié sur Internet : «Tous doivent quémander les faveurs des dirigeants. Ces faveurs peuvent consister en, par exemple, une opération médicale à l’étranger, des études, un emploi au sein du Front Polisario, le droit de sortir des camps et probablement également des faveurs économiques. Il semble qu’il faille dès lors distinguer deux catégories de personnes au sein des camps de Tindouf. Certains, proches du pouvoir, ont accès à une vie plus ou moins confortable. (…) Ils ont notamment la télévision satellite, beaucoup ont une voiture 4x4 et un certain confort de vie qu’il est surprenant de rencontrer dans des camps de réfugiés. (…) L’autre catégorie vit de manière très rudimentaire et n’a droit à presque rien».Ce système clientéliste, que certains Sahraouis qualifient de “petit Makhzen”, permet également à Mohamed Abdelaziz de museler ses opposants dans les campements. Ceux-ci ont la liberté de s’exprimer comme en témoignent leurs interventions orageuses lors des congrès du Front Polisario et les documents mettant en cause le totalitarisme d’Abdelaziz qui circulent à cette occasion. Mais ils risquent d’être exclus du système de clientélisme contrôlé par la direction du Front. «Abdelaziz n’a pas besoin de faire taire ses opposants par la force, il n’a qu’à leur couper les vivres», résume cyniquement ce Sahraoui opposant notoire au secrétaire général du Front.Quant à la majorité de la population, qui n’appartient pas à la caste des privilégiés, ses capacités de révolte contre le système ainsi que toute initiative individuelle semblent avoir été réduites en poussière par deux longues décennies de collectivisme à la soviétique. Celui-ci a en effet longtemps été la marque de fabrique du Polisario tant par idéologie que pour faire naître un nationalisme sahraoui transcendant le tribalisme. Un système totalitaire que Salah Khatry décrit de la sorte sur le site Web Arso : «La direction du Front Polisario est ainsi intervenue dans la vie privée et collective de chaque citoyen sahraoui à tel point que tous, dans les campements, mangeaient le même repas à la même heure, les plats étaient programmés pour chaque jour de la semaine. Les hommes fumaient les mêmes cigarettes, le tabac traditionnel. Des mariages collectifs étaient organisés dans le but de lancer un programme de naissances. Le transport était collectif et la circulation contrôlée par l’autorisation administrative. La circulation était limitée la nuit et la lumière devait s’éteindre à une heure précise. L’animation des fêtes de mariage devait utiliser des chansons révolutionnaires…» 1976-1991 : la guerre des chefsLe verrouillage du pouvoir par Mohamed Abdelaziz -ou sa dictature- s’explique également par les conséquences de la guerre des chefs qui a sévi au Polisario de 1976 à 1991. Le décès brutal au combat, en 1976, de son fondateur, El Ouali Mustapha Sayed, laisse un vide immense à la tête de l’Organisation. Trois hommes émergent alors du lot : Mohamed Abdelaziz, le “militaire” qui hérite de la direction du Polisario, Bachir Mustapha Sayed, le “diplomate” et frère d’El Ouali et Omar Hadrami, le “tortionnaire”. Ce dernier, qui a rejoint le Maroc en 1990 où il officie aujourd’hui comme wali de Settat, a dirigé pendant dix ans les services de renseignements sahraouis, l’AMN. Dix années au cours desquelles il a sauvagement torturé aussi bien des militaires marocains capturés par le Polisario que des Sahraouis coupables de délits d’opinion que Hadrami faisait incarcérer dans le sinistre bagne de “Rachid” (du nom d’une chanson de Cheikh ould Abba que les Sahraouis adorent), situé à une vingtaine de kilomètres du campement de Smara. Très vite, Omar Hadrami et Mustapha Bachir se livrent une guerre sans merci pour le pouvoir sous les yeux de Mohamed Abdelaziz qui compte les points. Autant Bachir inspire la confiance dans les campements, autant Omar Hadrami, qui ne parle pas un mot de hassaniya, suscite la méfiance et la peur. Perdant pied face à son rival, Omar Hadrami parvient, en 1988, à rassembler quelques dizaines de cadres du Polisario pour tenter un soulèvement. L’affaire dégénère rapidement, prenant entre autres une tournure tribale. Conscient du danger que représente l’ouverture de cette boîte de Pandore pour la pérennité du Front, Mohamed Abdelaziz fait arrêter Hadrami et le jette en prison jusqu’en 1990, date à laquelle il rallie le Maroc. Le tandem Abdelaziz-Bachir aurait alors pu gérer les campements comme le Polisario mais, écœuré par l’inaction d’Abdelaziz, Bachir se retire des affaires publiques en 1991, après avoir négocié le cessez-le-feu avec les Marocains et les Nations Unies. Le “militaire” Abdelaziz se retrouve seul au pouvoir, sans tête pensante… En chute libre au Sahara occidentalLes Sahraouis qui vivent au Sahara occidental sont, eux, très loin des turpitudes de la direction du Front Polisario. Leur position par rapport au mouvement indépendantiste est également beaucoup plus ambiguë qu’à Tindouf. «On peut raisonnablement dire que 10% des Sahraouis au Sahara occidental se sentent profondément Marocains et qu’un quart sont des activistes et des militants pro-Polisario ou pro-référendum d’autodétermination. Beaucoup sont des jeunes, des chômeurs ou des individus qui ne bénéficient pas du système social mis en place par les Marocains. Toutefois, la majorité des Sahraouis se situent entre ces deux extrêmes. Quand on essaie de les politiser, ils répondent qu’ils voteront pour l’Indépendance le jour où il y aura un référendum d’autodétermination mais qu’en attendant ils veulent travailler avec les Marocains et profiter des aides sociales», explique ce Sahraoui pro-Polisario.Contrairement à Tindouf, le degré de nationalisme sahraoui des activistes et des militants est également à géométrie variable. On observe que les plus jeunes (16-25 ans) sont adeptes d’un nationalisme prononcé qui se manifeste par des positions simplistes : «Ne pas épouser un conjoint marocain», «Les richesses du Sahara occidental aux Sahraouis», «Quand on sera indépendant, l’argent coulera à flots»… Ce sont ces même jeunes, organisés par villes ou par quartiers, qui font la compétition entre eux pour organiser des manifestations où ils brandissent des drapeaux sahraouis. Chez les plus âgés, le réalisme semble l’emporter. «Beaucoup ont fait leurs études au Maroc et sont imprégnés des idées de la gauche marocaine. Ils ont conscience que leur combat ne doit pas se borner à un référendum d’autodétermination mais aboutir au pluralisme politique et au respect de la démocratie au Maghreb», ajoute le Sahraoui précédemment cité.Avec tant de lignes de fracture, le Front Polisario peine sans surprise à se faire entendre au Sahara occidental. Et ce, même s’il y a convergence quant à l’objectif du référendum d’auto-détermination et si les Sahraouis clament que le Polisario est leur seul représentant. Cela ne les empêche pas de critiquer certaines décisions du Front comme la réception en grande pompe le 27 février dernier à Tindouf de la femme d’Ali Salem Tamek, que certains activistes ne considèrent pas comme étant la plus active des militantes ni celle qui est dotée du discours politique le plus construit. La médiatisation, jugée excessive par certains Sahraouis, d’Aminatou Haidar ne fait également pas l’unanimité.Il faut dire qu’à défaut d’encadrer les activistes sahraouis du Sahara occidental, le Front Polisario en est réduit à médiatiser leurs manifestations en les labellisant “Intifada sahraouie”. Une arme qu’il manie au travers des sites Internet qu’il contrôle directement ou indirectement et qui sont pour l’essentiel gérés depuis l’Europe. Toujours dans cet esprit de récupération, le Front Polisario ne ménage pas non plus ses efforts médiatiques pour alerter avec plus ou moins d’efficacité la communauté internationale et les ONG de défense des Droits de l’Homme en cas d’arrestation d’un activiste au Sahara. «Dans les faits, le Front Polisario n’a des contacts qu’avec une minorité d’activistes. Il tente de les aider en leur envoyant de l’argent ou en leur fournissant une aide logistique qui consiste par exemple en des drapeaux aux couleurs de la RASD ou des appareils-photo numériques pour qu’ils se photographient en train de hisser les drapeaux. Cette aide ne part pas de Tindouf mais transite par des intermédiaires souvent situés en Europe, principalement en Espagne, qui l’envoient ensuite au Sahara occidental ou quelque part au Maroc par la poste ou via des Sahraouis faisant le voyage», explique l’un de ces intermédiaires.À force de perdre du terrain au Sahara occidental, ce qui devait arriver arriva… pour le plus grand bonheur du Maroc : la création d’une “entité civique” qui tentera d’agir là où le Polisario échoue. À savoir, selon un communiqué de presse de cette entité encore en gestation : «trouver une solution pacifique au conflit du Sahara occidental conforme aux règles de la légalité internationale», «promouvoir un vrai développement de la région du grand Maghreb», «jeter les bases du projet du Maghreb des peuples», «veiller au respect des droits humains afin d’en faire le cadre d’un espace maghrébin méditerranéen où prédominent les valeurs de tolérance et de démocratie»… Assa, Goulimine, Tan Tan, Sidi Ifni entrent dans la danse S’il est beaucoup trop tôt pour parler de scission du Polisario, cette initiative pourrait bien faire mouche chez les populations sahraouies du nord du Sahara qui inclut les villes de Tan Tan, Assa, Goulimine, Sidi-Ifni… Cette région n’est pas revendiquée par le mouvement indépendantiste qui, dans sa prose, parle de «Sud du Maroc» et n’est donc pas concernée par le conflit du Sahara occidental en lui-même. Une position que ne partagent pas tous les Sahraouis, majoritaires, de la région. Ceux-ci se sentent en effet délaissés par le pouvoir central de Rabat et jalousent les avantages sociaux et économiques accordés par l’Etat marocain à leurs cousins du Sud. En témoignent les violentes manifestations dont Sidi Ifni a été le théâtre à l’été 2005. «Une large partie de cette population est parfaitement intégrée au Maroc mais, paradoxalement, de plus en plus de leurs enfants sympathisent avec la cause sahraouie. Lorsque ces jeunes se retrouvent dans les universités marocaines d’Agadir ou de Marrakech avec les étudiants sahraouis venant de Laâyoune, ils n’acceptent pas que ceux-ci parlent du “Sud du Maroc” pour les désigner. Ils exigent que l’on fasse référence à leur région sous le terme de “terres de 1958” en référence à la totalité du territoire de l’ancienne colonie espagnole», explique ce jeune Sahraoui originaire de cette zone et sympathisant du Polisario qui déplore que le Front soit incapable de fournir une réponse à ces revendications. Autre point d’achoppement avec le Front : les sévices commis par Omar Hadrami dans les années 80. À l’époque, des Sahraouis de la région rejoignent les campements de Tindouf pour y être aussitôt emprisonnés par celui qui régnait alors en maître sur les geôles polisariennes car ils n’appartenaient pas à la tribu des R’Guibat. «Après la fuite de Hadrami vers le Maroc, le Polisario a essayé de rattraper le coup en appelant les jeunes de la région à rejoindre Tindouf. Une vingtaine ont répondu présents, dont des jeunes diplômés. Mais la plupart se sont abstenus, influencés par le discours marocain qui consiste à dire qu’à Tindouf seuls les R’Guibat ont droit à la parole tandis qu’au Maroc, tout le monde s’exprime», reprend notre jeune Sahraoui. Un argument que le Front Polisario a essayé de contrer par la suite en médiatisant Ali Salem Tamek puis Haminatou Haïdar, qui ne sont pas des R’Guibat. Sans succès. Alors que le Maroc peine sérieusement à faire adhérer les populations sahraouies à son plan d’autonomie, dont personne ne connaît encore le contenu exact, le Front Polisario est, lui, en grande difficulté. Il est menacé à long terme par la création d’un second mouvement pro-référendum d’autodétermination représentant les intérêts des Sahraouis du Sahara occidental et par une hémorragie des réfugiés de Tindouf vers l’Europe et le Maroc faute d’avenir dans les campements. Le prochain Congrès du Front Polisario sera un indicatif sérieux pour évaluer si Mohamed Abdelaziz a pris la mesure de la décomposition de son mouvement. À Tindouf, on appelle à l’unanimité à un renouvellement d’une partie des cadres de la direction ainsi qu’à l’intégration de courants d’opposition interne. Réponse au plus tard en novembre 2007, date ultime à laquelle, selon le règlement intérieur du Polisario, doit se tenir le Congrès qui aurait déjà dû avoir lieu en octobre dernier.
Par Catherine Graciet